Hommage à Marie-Louise Tenèze

C’est avec une grande tristesse que j’apprends la disparition de Marie Louise Tenèze le 12 octobre 2016.

A la suite de Paul Delarue, elle a rédigé et conduit, pendant plus de quarante ans, la publication des cinq volumes du  Catalogue raisonné du conte populaire français et bien d’autres ouvrages sur le conte et le conteur traditionnels. C’est largement grâce à ses travaux que le conte populaire s’est renouvelé dans notre pays et dans les pays francophones. Tous les conteurs et amateurs de conte, dont je suis, lui doivent énormément. Sans elle nous n’en serions pas où nous sommes. Je devine, aujourd’hui qu’elle n’est plus là, combien je lui dois cette fidélité aimante et émerveillée mais aussi attentive des contes qui m’habite encore aujourd’hui.

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Ce que disent les contes

L’histoire

L’histoire à partir de laquelle nous allons nous promener, est l’une des 26 versions en langue française recueillies et rassemblées dans le catalogue raisonné du conte populaire français établi et publié, morceaux par morceaux, à partir de 1966, par Paul Delarue et Marie Louise Tenèze. Les auteurs de cet ouvrage s’appuient sur un classement international des contes élaboré au début du XXème siècle par le finnois Antti Aarne puis complété par l’américain Stith Thompson. Il donne lieu à un catalogue de contes du monde entier de 2340 types eux mêmes rassemblés en genres. L’un de ces types est l’A.T 471, il fait partie du genre des contes merveilleux dans lequel se trouve répertorié le type A.T 471 avec le titre de référence suivant : The bridge to the Other World ou le Voyage dans l’autre monde. Il s’intitule lui-même Le sac d’argent.

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Une lettre

Approche-toi, une lettre s’écrit à voix basse.

Il serait bien mieux de se rencontrer directement en chair et en os. Bien mieux que nous nous parlions, que nous soyons l’un en face de l’autre et que nous découvrions dans cet instant les secrets qui nous sont communs. Mais voilà, nous ne pouvons pas être ensemble. Le premier objet d’une lettre, c’est l’absence.

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Le Plongeon

Il habite dans la montagne. Il y est depuis longtemps. La solitude lui pèse. Il voudrait bien partir découvrir le monde. Plusieurs fois il a fait ses valises et au dernier moment, il a renoncé. Cette fois, c’est le crépuscule, toute la journée, il a hésité. Il s’est dit : C’est ce soir ou jamais ! Il se baisse pour saisir les poignées de ses valises mais voilà que la porte s’ouvre. Il lève la tête. C’est la vieille de la forêt. Il est terrorisé. On lui en a souvent parlé mais il ne l’avait encore jamais vue. Elle est terrible. Elle est immense et toute noire dans l’encadrement de la porte.

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